La rumeur court : Donald Trump aurait un Alzheimer. Ses hésitations, confusions et certaines séquences embarrassantes en sont à l’origine. Plusieurs spécialistes, dont le psychologue Frank George, ne valident pas cette théorie mais en avancent une autre, beaucoup plus inquiétante. Elle n’est plus basée sur l’oubli, mais sur une inquiétante transformation mentale.
Frank George détaille son hypothèse dans une longue analyse publiée sur Substack. Il explique que le président ne présente pas les signes d’un déclin cognitif classique, mais ceux d’une démence fronto-temporale (FTD). Ce trouble beaucoup plus rare modifie en profondeur la façon d’agir, de parler mais surtout de penser du patient.
Quand les freins du cerveau commencent à céder
Contrairement à la maladie d’Alzheimer qui touche d’abord la mémoire, la FTD s’attaque aux régions du cerveau qui gèrent le jugement, le langage et le comportement social. En les altérant, elle modifie en profondeur la manière dont une personne se contrôle… ou ne se contrôle plus.
Pour les neurologues qui suivent les apparitions du président depuis le début de son second mandat, c’est justement ce qui inquiète. Ses confusions ressemblent moins à des « trous » de mémoire qu’à une désinhibition progressive. Petit à petit, les filtres internes qui séparent normalement l’intention de l’action s’estompent.
Donald Trump vous présente : la confabulation
On a beaucoup commenté ces mots qui se mélangent, ces consonnes avalées, ces phrases qui se désagrègent en plein meeting. Ces troubles visibles depuis plusieurs mois correspondent à des symptômes bien connus de la FTD.
Ils coïncident aussi avec d’autres signaux : une posture physique parfois inhabituelle, une démarche légèrement asymétrique ou des gestes moins coordonnés qu’auparavant. Mis bout à bout, ils ne correspondent pas vraiment au profil type de l’Alzheimer.
L’un des mécanismes les plus déroutants de la FTD est la confabulation. Ce dérèglement neurologique est assez vicieux. Le cerveau, confronté à des zones floues, les comble spontanément par des récits auxquels le patient croit réellement. Il en découle des affirmations précises prononcées avec assurance, mais souvent très éloignées des faits.
Ces confabulations sont d’autant plus inquiétantes qu’elles ne peuvent pas être corrigées par un simple rappel de la réalité. Le patient n’est pas dans la dissimulation : il est convaincu de la véracité de ce qu’il affirme. Pour lui, les autres sont des menteurs.
Les exemples ne manquent pas. Lors de son discours au Forum économique mondial de Davos, le 21 janvier 2026, Donald Trump a répété à plusieurs reprises « Iceland » alors qu’il parlait du Groenland, un territoire dont il fait désormais presque une fixation. Au cours du même discours, il a affirmé que la Chine n’avait pas d’éoliennes — alors qu’elle en est le premier producteur mondial — ou encore que l’inflation américaine était « pratiquement nulle ».
Toujours à propos du Groenland, il a déclaré : « Nous avons déjà eu le Groenland et nous l’avons rendu au Danemark ». C’est factuellement faux : les États-Unis n’en ont jamais eu la souveraineté, seulement des accords militaires pendant la Seconde Guerre mondiale.
Et ce ne sont pas les seules déclarations surprenantes. On se souvient de sa «revanche » revendiquée sur le prix Nobel de la Paix face à la Vénézuélienne María Corina Machado. Elle lui a d’ailleurs refilé la breloque dans l’espoir qu’il l’aide ensuite à récupérer la place de Maduro (raté).
Ces séquences, mises bout à bout, ne relèvent pas seulement de l’erreur ou de l’exagération. Elles dessinent un tableau clinique cohérent et inquiétant.
La FTD fonctionne comme un amplificateur des traits de la personnalité de Trump
Depuis des années, les psychologues évoquent chez Donald Trump des traits persistants de narcissisme pathologique caractérisés par un besoin maladif d’admiration, une hypersensibilité à la critique ou encore une vision très personnelle des rapports de force. Bref, rien de nouveau sous le soleil de Mar-a-Lago.
Le problème, c’est que la FTD n’atténue pas ce profil, mais l’exacerbe. Tandis que Alzheimer tend à effacer, la FTD a un rôle désinhibant. Les filtres cognitifs sont retirés, les hésitations rabotées et la prudence disparait pour de bon.
Le patient n’est pas affaibli, mais devient impulsif, rigide et plus que jamais convaincu de la justesse de ses intuitions. Même lorsqu’elles se contredisent d’un jour à l’autre. Plutôt embêtant lorsqu’on dirige la première puissance de la planète, non ?
Certains neurologues qui ont analysé les vidéos récentes parlent de ce phénomène comme d’une sorte de « tempête sous le crâne ». En quelque sorte, les circuits de contrôle sont brouillés alors que ceux de la récompense s’emballent. Les mots sortent avant la pensée et les réactions avant la réflexion. Pour n’importe qui, cela peut ruiner un dîner de famille. Mais pour le président des États-Unis, les conséquences n’ont plus rien d’anecdotique.
Donald Trump avait déjà un tempérament inflammable. Il est désormais combiné à un trouble qui retire les extincteurs… C’est cette synergie — pas la seule maladie — qui inquiète aujourd’hui une partie de la communauté médicale.
La fin d’un tabou
Pendant longtemps, évoquer la santé mentale de Donald Trump relevait du terrain miné. Mais depuis sa réélection en 2024, le point de vue a changé. Ses interventions publiques, plus imprévisibles qu’autrefois, alimentent désormais des interrogations qui dépassent les frontières politiques.
Certains de ses alliés, y compris dans le parti Républicain, s’interrogent à voix basse, tandis que les analyses médicales indépendantes se multiplient. On n’est plus dans le registre du complot ou de l’exagération. La question est devenue sérieuse : que signifie l’exercice du pouvoir lorsqu’un président ne perd pas la mémoire, mais les mécanismes qui tempéraient encore ses réactions ?
On vous avait prévenus : c’est très intéressant… et un peu glaçant.
